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Des aménagements pour lutter contre les coulées de boue

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Haies, fascines, fossés… de nombreux aménagements sont préconisés par Somme espace agronomie (SOMEA) en concertation avec les agriculteurs pour lutter contre le ruissellement et les coulées de boue.

Plus de la moitié des communes dans le bassin de la Somme sont concernées par des phénomènes de ruissellement, générant des coulées de boue et des inondations. Autant dire que Somea, créée par la Chambre d’agriculture de la Somme et le Département en 1996, chargée de lutter contre ce phénomène, a fort à faire. L’association intervient dans deux cas de figure : après la catastrophe pour réaliser un diagnostic ou avant dans le cadre d’études portées par des Communautés de communes. Ce jour-là, Thomas Damonneville, ingénieur conseil, se rend du côté de Bernâtre dans un territoire frappé par les coulées de boue en 2020 en compagnie d’Émilie Dorge, technicienne environnement de la Communauté de communes du Territoire Nord Picardie qui souhaite engager des travaux.

Ensemble, ils vont à la rencontre des agriculteurs pour passer en revue les aménagements préconisés par un bureau d’études. Objectif ? Leur expliquer le projet, déterminer le type et l’emplacement des aménagements et signer une convention avec eux. « Ce sont principalement des ouvrages d’hydraulique douce : des haies, des fascines, des bandes enherbées qui vont servir à freiner l’eau et à retenir les sédiments. Il peut y avoir des aménagements plus importants comme des fossés ou des bassins de rétention pour retenir des grands volumes d’eau en cas de fortes pluies », explique Thomas Damonneville.

CONVAINCRE LES AGRICULTEURS

Il faut parfois vaincre des réticences, mais les aménagements sont de mieux en mieux acceptés par des agriculteurs à l’image de Grégoire Oger, exploitant à Domléger-Longvillers. Il devrait planter à terme près de 10 km de haies et va encore plus loin : « Les haies ne font pas tout, c’est aussi à l’agriculteur de changer ses pratiques. On fait du semis direct, des couverts végétaux, on a réintroduit des prairies temporaires, on a réduit les engrais minéraux qui acidifient les sols… S’il y a assez de vie, de vers de terre et de galeries dans le sol, l’eau peut tomber, elle va mieux s’infiltrer », explique-t-il.

Des pratiques qui peuvent permettre à la fois de recharger les nappes phréatiques et éviter le trop-plein en aval, celui qui cause tant de dégâts dans les exploitations et les villages.

Sandrine Bavard

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